stage annulé, contrat non renouvelé… Des Français racontent comment le confinement a chamboulé leur vie professionnelle

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stage annulé, contrat non renouvelé… Des Français racontent comment le confinement a chamboulé leur vie professionnelle

Chantal, Etienne, Magali et d’autres avaient des projets, tout était prêt, mais lecoronavirus en a décidé autrement.

2020 devait être leur tremplin. La crise sanitaire provoquée parla pandémie deCovid-19a contrecarré les plans de nombreux français. Environ 8,6 millions de salariés ont été placés au chômage partiel au mois d’avril, selon le ministère du Travail. Pour d’autres, la peine a été plus lourde: stage annulé, contrat non renouvelé ou encore CDI rompu pour cause de force majeure.

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Pour Gaspard, Etienne et Chantal*, la sortie du confinement est synonyme d’une entrée dans la galère. Ils ont raconté à franceinfo leurs espoirs déçuset leurs inquiétudes.

Gaspard, 24 ans: « Il me restait 85 heures à faire pour obtenir mon statut d’intermittent »

Ingénieur du son, je travaille dans des bars, restaurants et petites salles de concert à Paris. Toutes mes dates ont été annulées le jour de l’annonce de la fermeture des bars et restaurants, le 14mars. Il me restait 85heures à faire, sur les 507heures obligatoires pour obtenir mon statut d’intermittent. J’avais déjà calé 70heures.

J’espère qu’on ne va pas repartir de zéro pour ceux qui sont en ouverture de droit comme moi.Gaspardà franceinfo

Pour arriver au quota d’heures demandées, le gouvernement nous donne deux mois de plus, soit 14 au lieu de douze. Sauf que sur juin et juillet, cela va être compliqué de trouver des dates, si rien ne rouvre. Et je n’ai pas de plan B. Toutes mes économies y sont passés, ma compagne finance nos charges et mes parents nous aident. J’espère vraiment que le gouvernement ne va pas nous laisser tomber.

Etienne, 27ans: « Je devais signer mon tout premier CDI »

J’étais arrivé à la fin de ma formation en informatique et je devais signer mon tout premier CDI grâce à l’entreprise qui venait de me former. Elle devait me prendre en stage, puis me trouver une place ailleurs. La signature a été annulée. Avec mon profil junior, même si on recrute dans ma branche, ça va être difficile pour moi de trouver un premier contrat sans expérience.

Je suis triste et dégoûté. J’ai dû retourner vivre chez ma mère à Carpentras, alors que j’avais le projet de m’installer à Lyon. En fin de droit, mes indemnités chômage de 700euros sont prolongées le temps de l’état d’urgence. Après, il faudra que je demande le RSA.

Chantal*, 52ans: « La situation allait enfin se débloquer pour moi »

Juste avant d’entrer en confinement, j’ai eu un entretien dans une grande enseigne de biens culturels. La situation allait enfin se débloquer pour moi. J’avais trouvé un poste avec des horaires et dans un secteur qui me convenait. Comme un méchant coup du sort, tout s’est figé. Sans nouvelle, je les ai rappelés dès la sortie du confinement, mais ils ont suspendu tous les recrutements pour une durée indéterminée. Je regarde à nouveau les offres d’emploi qui ont sérieusement diminué dans ma région de la Drôme. Je n’ai aucune visibilité sur la suite et j’avoue que c’est assez déstabilisant et stressant.

Jeanne, 28ans: « Ils ont attendu la fin du confinement pour mettre fin à notre collaboration »

Cela fait un an et demi que j’enchaîne les CDD en tant que psychologue à l’Assistance Publique – Hôpitaux de Paris (AP-HP). Ces derniers temps, avec l’épidémie du Covid-19, je me suis beaucoup investie en revenant le soir et les week-ends. Durant tout ce temps, mon chef n’a jamais évoqué une fin de collaboration, au contraire. Il a attendu la fin du confinement pourm’annoncer que mon contrat ne serait pas renouvelé.

J’ai trouvé ça rude. Je n’ai pas eu un merci, ni une explication, alors que cela les arrangeaient bien de m’avoir pendant la crise. Depuis, la colère ne me quitte pas et je me pose beaucoup de questions sur le devenir des psychologues en hôpital et sur la suite de ma carrière.

Charlotte*, 25ans: « J’ai rappelé mon ancien employeur »

Je venais de démissionner pour un nouvel emploi. En préavis jusqu’au 3juin, je devais commencer dans une nouvelle entreprise dans la foulée. Deux semaines après la réception de ma promesse d’embauche mon futur employeur l’a rompue, en invoquant un cas de force majeure. Il m’a conseillé d’annuler ma démission.

Sur le coup je me suis dit « non », je n’y retournerai pas, mais le marché du travail est compliqué en ce moment. J’ai rappelé mon ancien employeur, qui a bien voulu me reprendre. Soulagée de ne pas me retrouver au chômage, il faut maintenant que je regagne la confiance de mes anciens chefs.

Magali, 30ans: « Cinq années d’études, d’investissement et de sacrifices qui s’écroulent »

En dernière année de master 2 de psychologie, mes 500heures de stage viennent d’être annulées. Sans elles, je ne peux pas valider mon titre de psychologue du travail et ouvrir mon cabinet de conseil comme prévu. Ce sont cinq années d’études, d’investissement et de sacrifices qui s’écroulent.

A la fac, ils étaient navrés d’apprendre l’annulation de mon stage, comme pour de nombreux autres étudiants. Ils ne nous ont proposé aucune solution, à part un mois supplémentaire pour rendre notre rapport de stage. C’est incompréhensible. Nous, les étudiants en psychologie, on nous a renvoyés chez nous au moment où les hôpitaux et les entreprises avaient besoin de nous. Nous sommes vus comme un problème et pas une solution.

Jean-Philippe, 57ans: « Embauché le 2mars, mon contrat est cassé le 14mars »

Après 34 ans à mon compte dans le bâtiment, j’ai été embauché comme électricien dans un grand palace niçois le 2mars. Le 14mars mon contrat est cassé. Après avoir cotisé depuis mes 17ans, je me retrouve, à 57ans, avec une prime d’activité de 148euros par mois pour vivre. Je reste optimiste, mais ça va être très dur de se replacer quelque part.

Ce qui me met le plus en colère, c’est que le gouvernement nous dit qu’il ne laissera aucun Français sur la touche et puis finalement on se retrouve nombreux sur le carreau. Heureusement que je n’ai plus de loyer à payer, étant propriétaire de notre petit appartement avec ma femme. On se sert la ceinture, car toutes mes économies sont en train d’y passer.

Fabien, 29ans : « Je devais commencer une nouvelle vie de retour en France »

Expatrié au Canada depuis 2018, je devais rentrer en France début mai pour débuter dans une petite entreprise aéronautique en Rhône-Alpes. Avec ma conjointe, nous étions heureux de retrouver nos familles qui nous attendaient. Nos cartons étaient prêts. Mais mon embauche a été reportée à une date indéterminée. Tous les salariés de l’entreprise sont actuellement au chômage technique.

Sur le coup, j’ai été très déçu, perdu et déprimé. Je m’étais déjà imaginé dans ma nouvelle vie. J’ai dû me raisonner et faire machine arrière. Mon employeur canadien a été compréhensif et heureusement je n’avais pas encore officiellement démissionné.Je reviendrai plus tard.

* Les prénoms ont été modifiés à la demande des intéressées.

Source : France Info

Maria Rodriguez
Maria Rodriguez
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