Suicide de la directrice d’école : la responsabilité de l’administration reconnue

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Le malade numérique

Dans un courrier adressé le 11 décembre à la famille de Christine Renon, cette directrice d’école qui s’est suicidée dans son établissement, fin septembre à Pantin, la direction des services départementaux de l’Education nationale a reconnu «l’imputabilité [de son décès] au service», indique le Snuipp-FSU (premier syndicat du primaire) de Seine-Saint-Denis.

La lettre que Christine Renon a laissée pour expliquer son geste avait ému des milliers d’enseignants, beaucoup se reconnaissant dans ses mots et dans ce quotidien qu’elle décrit. Son courrier a fait remonter à la surface un malaise très prégnant dans la profession. «Aujourd’hui, samedi, je me suis réveillée épouvantablement fatiguée, épuisée après seulement trois semaines de rentrée», écrivait Christine Renon. Dans sa lettre, elle racontait de façon un peu décousue ses «soucis» qui s’accumulent «depuis bien avant la rentrée», «le sort de tous les directeurs malheureusement». «Tous ces petits riens qui occupent à 200% notre journée», et qui font qu’à la fin de la semaine, «on ne sait plus trop ce que l’on a fait». Le sentiment de solitude aussi, qui l’oppressait. «Les directeurs sont seuls ! Seuls pour apprécier les situations […]. Ils sont particulièrement exposés et on leur en demande de plus en plus sans jamais les protéger.»

«Décision coutumière»

Interrogé par l’AFP, le ministère de l’Education nationale a réagi : «C’est une décision coutumière de l’administration dans ce genre de circonstance car elle permet d’assurer une protection maximale aux ayants droit.» Une conférence de presse est prévue ce mardi pour rendre publics les résultats de la consultation des directeurs d’école : devant l’émoi suscité par le suicide de Christine Renon, le ministère avait en effet envoyé un questionnaire à tous les directeurs d’école visant «à établir un état des lieux sur les conditions d’exercice du métier, leurs difficultés et leurs attentes».

Par ailleurs, le rapport d’une enquête administrative de l’Inspection générale de l’Education nationale, lancée après le suicide, doit être publié dans les jours qui viennent.


Marie Piquemal

Source du post: liberation.fr

Marino Stozza
Marino Stozza
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