Test du Panasonic Lumix S1

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Test du Panasonic Lumix S1, 24 mégapixels de bonheur dans un boîtier blindé

Panasonic a eu l’excellente idée de concevoir son Lumix S1 dans le même corps de boîtier que son fleuron le S1R. Quand on dit le même boîtier, ce n’est pas exagéré : mis à part la mention « R » à l’extérieur, rien ne change. Rien si ce n’est le capteur CMOS de 47 Mpix du S1R qui fait place à un modèle de 24 Mpix. Un capteur à la définition plus classique et qui s’avère moins exigeant. Dépourvu de filtre passe-bas, il produit des images certes moins piquées, mais quasiment dépourvues d’effets de moiré. Et non seulement la perte de définition d’image fait gagner du temps de traitement des images, mais en plus le mode haute résolution qu’il intègre offre tout de même une confortable définition d’image. Ses 96 Mpix suffiront largement pour les shoots studio – appareil photo sur trépied et sujet statique – ou les paysages sans vent voire les sujets immobiles.

Si vous avez lu notre test du Lumix S1R, la prise en main et le comportement du S1 sont en touspoints similaires. Et si vous êtes allés au bout, vous savez aussi que le seul vrai reproche que nous faisons au S1R est son prix. Toujours affiché à 3700 euros, les 1200 euros d’écart avec le S1 sont difficiles à justifier, surtout face à ce que propose la concurrence – la baisse du prix de l’Alpha A7R Mark III lui a notamment fait mal. A contrario, avec un prix public de 2500 euros, le Lumix S1 est bien plus accessible. Il reste dans la zone des appareils « achetables », notamment par les photojournalistes, généralement peu fortunés. Des reporters, photojournalistes et autres photographes documentaires de terrain qui ont tout lieu d’être séduits par sa caractéristique unique dans le domaine des hybrides : une résistance largement au niveau des reflex professionnels.

Super ergonomique, super résistant… et super lourd

Prenez nos remarques et analyses concernant l’ergonomie du S1R, remplacez cette référence par « S1 » et le bilan sera le même ici. En résumé, le Lumix S1R est un bunker parmi les hybrides à capteur plein format. Un engin dont les commandes fleurent bon les reflex « à l’ancienne ». Le tout dans un boîtier renforcé – et lourd – comme un tank. Gare aux mains les plus menues : couplé au 24-70 mm f/2.8, le S1 peut s’avérer fatiguant à manipuler sur des périodes de shoot trop longues (1,95 kilo tout de même !).

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L’équipement est maximal : de l’écran orientable tactile monté sur rotule, en passant par celui à cristaux liquides placé sur le dessus du capot, jusqu’aux multiples boutons, leviers, roues, etc. Le S1 dispose de toutes – absolument toutes – les commandes dont on peut avoir besoin au quotidien sans avoir à creuser dans les menus. Un avantage pour ceux qui aiment les contrôles physiques, préférant faire confiance aux automatismes physiques plutôt qu’à un pilotage logiciel – même s’il reste possible, grâce aux commandes à l’arrière et à l’écran tactile.

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À cela s’ajoute un équipement (quasi) exhaustif, de la stabilisation mécanique du capteur (coucou Canon !) en passant par un viseur électronique de compétition qui affiche 5,7 Mpix. Ou encore les modes vidéo 4K30 plein capteur (4K60p avec recadrage x1.5) ainsi queles prises obligatoires (HDMI plein format, etc.). Sur le plan des technologies et de l’équipement, il est difficile de prendre Panasonic en défaut sur les S1 et S1R. Seuls reproches : l’autofocus DFD limité à de la détection de contraste (l’absence de corrélation de phase semble s’expliquer par des soucis de brevets) et l’endurance de la batterie moyenne en dépit de son gabarit imposant (400 clichés selon les tests de la norme CIPA) .

Qualité d’image : 24 Mpix de plaisir

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Si Panasonic n’a pas le bagage des vieilles marques du segment, le « petit dernier » du monde de la photo a appris bien vite. Les onze années qui se sont écoulées après le lancement du Lumix G1 à la photokina de Cologne en 2008 ont permis à Panasonic de se faire suffisamment la main sur le Micro 4/3 dans tous les domaines (lire notre article « Lumix G1 : dix ans après, retour sur le premier appareil photo hybride de l’histoire »).

Et le résultat de ces années d’expériences dans les hybrides est là. Le S1 n’offre absolument aucune faiblesse en termes de qualité d’image. Le rendu des couleurs en JPEG par défaut est bon, l’équilibre entre réduction des effets de moiré et maintien d’un bon niveau de piqué itou. Du très bon travail !

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Le rendu d’image est plus doux – plus naturel ? – que les clichés ultra percutants qui sortent de boîtiers tels que le S1R et autre Nikon D850, la grâce (ou la faute, selon les besoins et points de vue) à l’absence de filtre passe-bas qui adoucit les contours des photosites qui sont, eux, bel et bien carrés.

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Les optiques avec lesquelles nous avons testé le S1 (24-105 mm f/4, 70-200 mm f/4 et 24-70 mm f/2.8) offrent des prestations qui vont de très bonnes à excellentes. Même si elles sont, évidemment, un peu encombrantes et lourdes – le revers de l’extrême solidité qui se dégage d’elles. Ces optiques tirent pleinement parti des qualités intrinsèques du capteur, qui répond parfaitement sur une large plage ISO.

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À 8.000 ISO au 105 mm f/4, la (fausse) barbe de cette statue est parfaitement dessinée, les couleurs restent justes.

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Même constat à 10.000 ISO sur ces alcôves représentant bouddha, riches en détails (et en piqué) dans la zone de netteté, le tout avec des aplats rouges certes lissés, mais aux détails qui ont unecohérence chromatique préservée.

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En poussant à 12.800 ISO dans cette scène de nuit à bout de zoom, les différents carreaux du revêtement apparaissent clairement et proprement.

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Mieux encore, dans cette scène d’intérieur de temple à Taipei, la nature des couleurs est parfaitement respectée et le niveau de bruit numérique est très bien contenu, même à 12.800 ISO. On peut clairement pousser à 25.600 ISO pour des shoots de l’extrême.

Autofocus rapide, bonne rafale, mais suivi perfectible

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Panasonic est le dernier des Mohicans en matière d’autofocus puisque le constructeur nippon est le seul à s’appuyer sur de l’unique détection de contraste. Au travers d’une technologie appelée DFD, Panasonic arrive à offrir une excellente partition côté mise au point automatique, au niveau de ce que propose l’ensemble de la concurrence. Une concurrence qui s’appuie, elle, sur un autofocus « hybride » combinant détection de contraste et détection (ou corrélation) de phase.

En autofocus simple, le DFD de Panasonic fait un excellent travail : le taux de déchet est très faible, le passage d’une distance de mise au point à une autre (mini vs infini) est là aussi très rapide. Quant au suivi des personnages, il est plutôt satisfaisant dès lors que le bon mode est sélectionné.

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Mais s’il se comporte bien sur les objets avec des trajectoires assez simples, il s’est retrouvé un peu perdu par des oiseaux qui virevoltent – alors que votre serviteur était parfaitement sobre.

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Panasonic a fait des merveilles avec son DFD basé sur de la simple détection de contraste. Mais pour aller titiller Sony ou Fujifilm, il va falloir soit améliorer encore sa partition DFD. Ou intégrer – un jour ? – un autofocus hybride avec des pixels de détection de phase sur le capteur. Les reporters ne devraient avoir aucune récrimination à faire sur l’AF, mais reconnaissons que Panasonic n’a pas encore l’autofocus – ni la gamme optique – capable de s’imposer dans la photo de sport.

Vidéo : une fiche technique presque parfaite

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Le Lumix S1 a une partie vidéo tellement riche qu’elle mériterait un test indépendant à elle toute seule. Plus encore que le S1R, limité par le temps de lecture forcément plus long de son capteur mieux défini, le S1 et son capteur de 24 Mpix offrent un bien meilleur équilibre des parties photo et vidéo. Inspirez un grand coup : possibilité d’utiliser l’Hybrid Log gamma pour faciliter l’étalonnage en post production, modes 4K 24/25/30p sans recadrage (captation 6K pour encodage 4K), mode 4K 50p/60p (avec recadrage x1,5), aucune limite de temps d’enregistrement, mode 4K HFR 48 i/s, avalanche de modes Full HD dont des modes en 150 i/s voire 180 i/s, etc.

Mieux encore, les vrais cinéastes pourront débourser 199 euros pour un déverrouillage de modes vidéo avancés, comme l’enregistrement interne en 4K 30p UHD en 4:2:2 10 bit à 150 Mbit/s, la Full HD 60p 4:2:2 10 bit à 100 Mbit/s, etc. Ainsi que des options vidéo permettant la prise en charge des profils V-Log qui facilite le travail en environnement hétérogène avec des Varicam (de chez Panasonic, of course) ou encore des options sonores telles que la captation audio 24bit/96KHz en utilisant le module optionnel externe DMW-XLR1. Les photographes « classiques » qui sont des vidéastes occasionnels seront déjà comblés avec les fonctions de base – de même que les utilisateurs plus avancés.

La fiche technique vidéo de ce S1 est donc presque parfaite. Presque, car à notre sens le mode 4K60p aurait gagné à ne pas imposer de recadrage. Et il aurait été préférable que Panasonic intègre tous les raffinements de la mise à jour logicielle payante. Si la démarche n’est pas scandaleuse, nous aurions préféré que Panasonic – qui a mis le paquet partout par ailleurs – trouve un deal à même « d’offrir » ces fonctions à tous. Cela aurait donné une attractivité encore plus grande à son système naissant.

Composants et équipement tourné vers le futur

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Si la résistance physique est facile à percevoir quand on prend le boîtier dans les mains, sa durabilité va au-delà du simple blindage. Elle prend aussi la forme d’un choix de composants et de technologies faits pour durer. Cela passe, par exemple, aussi par la définition du viseur électronique. Nombre « d’anciens » boîtiers hybrides paraissent « vieux » quand on met l’œil dans le viseur – on pense au Sony A7 Mark II par exemple, stabilisé mécaniquement, globalement bon, mais à la visée datée. En ayant fait le choix de mettre plus d’argent sur la table pour proposer non pas le composant le plus équilibré, mais bien le modèle haut de gamme, Panasonic a fait en sorte que la sensation de visée dans 4 ou 5 ans ne paraissepas obsolète. Et ça compte.

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Autres choix tournés vers le futur : le duo d’emplacement pour cartes mémoire SDXC et XQD. D’un côté, le format SD est le plus répandu au monde. On trouve les cartes partout, ce qui permet de se dépanner facilement en cas de pépin. Et comme l’emplacement est au standard UHS-II, les cartes SD les plus rapides sont compatibles avec un travail professionnel (rafales soutenues, production vidéo). À son côté, l’emplacement XQD est non seulement plus rapide et performant aujourd’hui, mais il le sera encore plus demain. Compatible avec la norme CFexpress, il prendra en charge des cartes mémoire encore plus rapides. La mémoire tampon embarquée limite de facto un peu les progrès qu’il faut en attendre en profondeur de rafale, mais c’est déjà un bon point.

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Quant auchoixdes connecteurs, de la prise HDMI plein format, plus résistante aux multiples branchements que les versions mini et micro HDMI, en passant par la prise USB-C 3.1 qui permet à la fois la recharge directe et le shoot connecté avec alimentation en temps réel, il fait percevoir le travail de Panasonic. Un constructeur qui a fait un « tapis » technologique pour sa première génération de boîtiers afin qu’ils durent longtemps. Et on l’en remercie.

Complémentaire du Micro 4/3

Quand Panasonic a annoncé le premier hybride de l’histoire (le Lumix G1) fin 2008, l’entreprise nippone a mis en avant la compacité et la portabilité de son système par rapport aux écosystèmes reflex. Pas trop dogmatique, Panasonic a aussi développé des boîtiers de gabarit plus gros comme l’excellent Lumix G9, mais ce sont surtout des boîtiers tels que les Lumix GX80 ou Lumix GX9 qui séduisent les utilisateurs. Des appareils bien plus petits, et qui permettent de profiter d’un bon capteur et d’un système d’optiques interchangeables.

Panasonic s’est-il trahi ? Pas vraiment si on regarde la situation du point de vue de la marque : le Micro 4/3 répond mieux aux besoins de compacité du grand public, le plein format permet à Panasonic de répondre à la tendance du marché qui devient de plus en plus niche, de plus en plus tourné vers les pros qui cherchent de plus grands capteurs. Deux tailles de capteurs, deux philosophies très complémentaires… Bien plus que les duos classiques APS-C et plein format qui, lorsqu’ils ont été pilotés par Canon, Nikon ou Sony, ont toujours conduit à des gammes d’optiques APS-C bien plus médiocres que celles des boîtiers plein format. Le Micro 4/3 ne risquant pas de phagocyter le plein format côté qualité d’image pure, Panasonic peut proposer des optiques « familiales » à tarifs abordables, tout en développant des optiques de qualité pour les photographes à la recherche de compacité. Des photographes prêts à perdre un peu en définition et en plage ISO, mais pas en qualité optique.

Face à l’A7 Mark III : il vaut ses 400 euros de plus

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Vendu entre 2000 et 2500 euros, le roi des appareils plein format s’appelle Sony Alpha A7 Mark III. Un boîtier léger, compact, efficace. Bref, redoutable… mais le Lumix S1 a plus que du répondant et s’avère supérieur dans certains domaines, notamment dans celui de l’équipement.

Outre un corps de boîtier plus solide, plus riche en commandes, la qualité même des composants (hors capteur) est un bon cran au-dessus de ce que propose son ennemi de chez Sony. Le viseur OLED est deux fois mieux défini et deux fois plus rapide (5,67 Mpix à 120 Hz contre 2,36 Mpix à 60Hz chez l’A7M3), son écran orientable est deux fois mieux défini (2,1 Mpix contre 0,9 Mpix pour l’A7M3) et sa qualité de fabrication et la résistance générale sont d’une autre trempe. À cela s’ajoutent l’écran LCD supérieur façon reflex absent de tous les boîtiers Sony, un mode vidéo plus riche et plus performant et un obturateur qui permet des poses plus longues.

Moins baroudeur, le Sony A7 Mark III a pour lui une plus grande compacité et légèreté, une rafale un peu meilleure, un autofocus un cran au-dessus (notamment le suivi de l’œil, redoutable) et une meilleure endurance de la batterie. En clair : les 400 euros de différence entre les deux boîtiers sont clairement justifiés. Les baroudeurs se jetteront sur le Lumix S1, les urbains préfèreront le format plus léger du Sony.

Le S1 plus intéressant que le S1R

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Mille deux cents euros séparent le Lumix S1 de son frangin le S1R précédemment testé. Un écart justifié ? Pas vraiment selon nous, car l’unique force du S1R est la super définition d’image, le S1 étant équivalent, voire meilleur dans de nombreux domaines (basses lumières, vidéo, rafale). Et ses fichiers de 24 Mpix sont déjà tellement bons que le passage à 47 Mpix (ou 187 sur trépied en mode multishoot) ne se justifie que pour des usages très précis – recadrages très importants, tirages grand format.

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Quand nous trouvions le prix du S1R bien trop élevé notamment en tenantcompte de la concurrence des A7R Mark III et A7R Mark IV de Sony, le S1 affiche, lui, un excellent rapport qualité/performances/prix. Bien que dans la tranche haute de la gamme 2000-2500 euros, il fait plus que tenir son rang.

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Pour terminer, il faut ajouter que son « handicap » du format « tank » offre aux hybrides la première vraie famille (S1 et S1R) de boîtiers hybrides plein format dont le toucher et les résistances réelles sont au niveau des reflex de terrain tels les 5D Mark IV de Canon ou D850 de Nikon. Sony a fait la démonstration des supériorités technologiques avec ses Alpha A7, Nikon a fait la démonstration de nouvelles formules optiques fabuleuses (les 35 mm f/1.8 S et 50 mm f/1.8 S sont des merveilles de rapport qualité optique/encombrement) et Panasonic apporte ici la conception « tous temps » qui manquait à cette nouvelle génération d’appareils. Il reste au trio Panasonic-Leica-Sigma à développer non seulement un parc optique riche, mais aussi moderne.

La source officielle de cet article : 01net.com

Roberta Flores
Roberta Flores
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