Un blazar raconte l'enfance de l'Univers

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Un blazar raconte l'enfance de l'Univers

C’est le blazar le plus lointain jamais découvert : ce trou noir supermassif – ou quasar – est un blazar, c’est-à-dire que le jet de matière qu’il émet est orienté vers le système solaire et donc vers les observateurs terrestres. Son nom de code dans les catalogues d’astronomie est PSO J0309+27, et il est situé à une distance de près de 13 milliards d’années-lumière. Ainsi sa lumière a été émise lorsque l’Univers était âgé de moins d’un milliard d’années, alors que son âge actuel est estimé à 13,8 milliards d’années ! La découverte est due à une équipe italienne de l’Université de Milan et de l’Institut italien pour l’Astrophysique (INAF), et reportée dans la revue Astronomy & Astrophysics. D’abord repéré par le télescope spatial SWIFT de la Nasa dans le domaine des rayons X, il a ensuite été étudié par la LBT (Le Grand Télescope binoculaire), un instrument américain ayant actuellement la plus grande résolution dans le domaine visible. 

Trou noir supermassif

 Sous ce nom peu commun de blazar – la contraction de blazing quasi stellar radiosource qui peut être traduit par source radio flamboyant quasi-stellaire – se cache en réalité un quasar, un noyau actif de galaxie autrement dit, un trou noir supermassif – tous ces noms désignent le même objet. Il s’agit sans doute des astres les plus violents de l’Univers : comme tous les trous noirs supermassifs, ils attirent irrémédiablement la matière environnante qui forme un disque de gaz en attente d’être englouti, chauffé et tiraillé et émettant des flots de rayons X. Il dégage une énergie colossale dans le domaine des rayons X équivalent à mille milliards de fois l’énergie du Soleil dans toutes les longueurs d’onde. Les blazars ont en plus une spécificité :le jet de matière qu’ils émettent, propulsé à des vitesses proches de celle de la lumière, se dirige vers le système solaire et donc sur la ligne de visée des observateurs terrestres. C’est la raison pour laquelle nous parvenons à le détecter.

Enfance de l’Univers

Une véritable aubaine, car théoriquement il n’y a aucune raison que ce jet soit dirigé vers le système solaire. Son orientation est statistique, dans toutes les directions possibles. Le fait que nous puissions détecter PSO J0309+27 suppose donc que des tas d’autres blazars, dont le jet a une orientation différente, existent à ces distances. C’est pourquoi sa  découverte en dit long sur l’enfance du Cosmos. En effet, tel que le déclare Silvia Belladitta, première signataire de l’article, à phys.org : « pour chaque source de ce type découvert il doit en réalité exister une centaine de sources. » Ainsi de nombreux trous noirs supermassifs ont dû se former au cours du premier milliard d’années de l’Univers. Reste encore à les surprendre !

Source : Sciences et avenir

Marino Stozza
Marino Stozza
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