un chercheur dénonce l’approche « rigoriste » de la France pour gérer l’épidémie de Covid-19

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un chercheur dénonce l'approche "rigoriste" de la France pour gérer l'épidémie de Covid-19

Jocelyn Raude estime notamment que le choix du confinement général est « critiquable sur le plan de la santé publique ». Il prône « une approche beaucoup plus individuelle », dont l’isolement des malades.

Dans un entretien accordé à France Bleu Armorique et France Bleu Breizh Izel jeudi 16 avril, Jocelyn Raude, enseignant-chercheur à l’École des hautes études en santé publique (EHESP) de Rennes (Ille-et-Vilaine), s’interroge sur les choix politiques faits par la France pour lutter contre l’épidémie de coronavirus Covid-19. Selon lui, le choix du confinement général « a fait perdre de vue l’essentiel », à savoir, selon lui, « l’évitement des contacts physiques rapprochés ».

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Ce jeudi, l’Institut Montaigne a publié un rapport sur la gestion de la crise par diférents pays d’Asie, tirant six enseignements notamment sur le rôle des masques, l’importance des outils numériques et l’importance de la quarantaine individuelle. Pour le chercheur breton, la France – et l’Europe de manière plus générale – ne se sont pas inspirées des bons modèles asiatiques. 

« On a un peu suivi, en France et dans la plupart des pays européens, le modèle autoritaire chinois fondé sur la répression, la stigmatisation des mauvais citoyens, la peur du gendarme. Mais on n’a pas vraiment non plus questionné la pertinence de ce modèle qui reste un modèle essentiellement du XIXème siècle. La quarantaine pour tous, c’est vraiment le modèle avec lequel on régulait les grandes épidémies de choléra », détaille Jocelyn Raude.

Dans un certain nombre d’autres pays d’Asie, la stratégie choisie a été différente, a rappelé le chercheur. « Dans les pays les plus avancés, je pense à Taïwan, au Japon, à la Corée du Sud, on a une approche individuelle fondée sur l’isolement des malades, ce qu’on n’a pas fait tout de suite en France, mais qu’on commence à faire, explique Jocelyn Raude. Aussi, le suivi de leurs contacts et l’isolement de ces contacts. C’est une approche beaucoup plus individuelle ». 

Toutefois, l’approche de certains pays asiatiques comme le Japon tient notamment par la discipline de la population, a noté François Godement, conseiller pour l’Asie de l’Institut Montaigne, sur franceinfo.« Cette discipline, je ne suis pas sûr qu’elle soit atteignable chez une population européenne », doute-t-il.

La prévention mise en place depuis quelques semaines, « a fait perdre de vue l’essentiel », estime Jocelyn Raude. « La première chose qu’on a fait au moment où l’épidémie est arrivée, c’est de fermer les parcs, les forêts et les plages, alors qu’en fait, ce sont des lieux où on risque le moins de se faire contaminer. C’est complètement paradoxal », a-t-il jugé.

Jocelyn Raude dénonce également « une forme à la fois d’amateurisme et de jusqu’auboutisme au niveau local » qui s’exprime « parfois par une forme de puritanisme sanitaire, puisqu’on a eu des couvre-feux ». Et selon lui, ces mesures « nous font oublier que l’essentiel, c’est l’évitement des contacts physiques rapprochés. » « C’est une approche très rigoriste et qui, de mon point de vue, est critiquable sur le plan de la santé publique », s’émeut le chercheur.

Tout ceci aboutit à une situation paradoxale où « on ne va pas isoler les malades, ce qui fait que, malgré le confinement, la maladie continue à se disséminer dans les familles. C’est pour ça que la courbe a continué à augmenter jusqu’à aujourd’hui », a expliqué le chercheur à l’EHESP. 

Source : Franceinfo

Marino Stozza
Marino Stozza
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