tant qu’on n’a pas trouvé un vaccin », selon une experte

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"On est parti pour des mois de cohabitation avec le coronavirus tant qu'on n'a pas trouvé un vaccin", selon une experte

La question de l’immunité collective est en effet remise en question, expliqueKarine Lacombe, cheffe du service des maladies infectieuses à l’hôpital Saint-Antoine à Paris, car on n’est « pas tout à fait sûr » qu’une personne qui a contracté le coronavirus en est protégée par la suite.

À quoi ressemblera la vie d’après dans trois semaines? Le 11 mai est prévu le début d’un déconfinement progressif, Édouard Philippe a esquissédimanche le tableau de la vie d’après lors de son allocution. Il nous faudra apprendre ou réapprendre à cohabiter avec ce virus. Pour Karine Lacombe, cheffe du service des maladies infectieuses à l’hôpital Saint-Antoine à Paris et invitée lundi 20 avril sur franceinfo,« on est parti pour des mois de cohabitation avec le virus, tant qu’on n’a pas trouvé de vaccin ».

franceinfo : le Premier ministre ne parle pas de déconfinement, mais de sortie du confinement. Cela veut dire qu’il faudra apprendre à vivre avec ce virus?

Karine Lacombe :Oui, ce n’est pas parce qu’à partir du 11 mai, on va lever le confinement progressivement que le virus aura disparu. Le virus va continuer de circuler dans la population. On va continuer d’avoir des cas donc tout le but, c’est de faire en sorte qu’il y en est le moins possible en même temps, qu’on puisse les prendre en charge à l’hôpital et surtout, qu’il y ait moins, beaucoup moins de décès que ce que l’on a pu voir ces dernières semaines. On est donc parti pour des mois de cohabitation avec ce virus, tant qu’on n’a pas trouvé un vaccin, parce que le traitement, même si on a un traitement, ça ne fera pas disparaître le virus tout seul

On sait que si l’on trouve un vaccin, ce ne sera pas avant l’horizon 2021. Donc il va falloir vivre avec.Karine Lacombe, chef du service des maladies infectieuses à l’hôpital Saint-Antoineà franceinfo

Est-ce qu’on a pas perdu du temps sur la question des masques, est-ce qu’il n’aurait pas fallu recommander leur port tout de suite?

Je pense que le port du masque n’a pas été recommandé parce qu’à l’époque, on n’avait pas les moyens de fournir assez de masques pour que ça devienne une obligation. Les masques en tissu également. On a bien vu que l’industrie textile s’est mise en marche, mais elle a mis un peu de temps parce qu’il fallait avoir les matières premières, tout le matériel nécessaire à la confection de ces masques.

Ça a commencé. On a bien vu apparaître de plus de plus en plus dans les transports, en tout cas à Paris, des personnes avec des masques alternatifs. Probablement qu’il aurait fallu conseiller, au moins pour les endroits de grande promiscuité que sont les transports en commun, les masques, beaucoup plus tôt. Après, c’est évident que c’est compliqué de recommander fortement quelque chose quand n’a pas le matériel. Le maintien des mesures de distanciation physique marchent extrêmement bien et on le voit dans les transports, justement.

Alors je reprends l’exemple de Paris où il y a assez peu de personnes, sauf dans certains endroits comme en Seine-Saint-Denis où il y a beaucoup plus de personnes qui circulent de par le travail, là, effectivement le port de masque est vraiment important. Et justement, ça, c’est l’autre gros problème. Des masques alternatifs et même des masques chirurgicaux, ce n’est pas du tout la panacée pour protéger, pour se protéger soi même. Le masque chirurgical en particulier va vous empêcher, vous, de projeter vos postillons, mais ne vous protégera pas au maximum des autres. C’est un geste altruiste. Et c’est pour ça que ce n’est pas du tout la panacée et le masque sans le maintien des mesures barrières, ne va pas empêcher à lui seul la propagation de l’épidémie.

Ce virus est-que le fait de l’avoir attrapé ne nous protège pas à l’avenir? Peut-on l’attraper deux fois ?

On n’en est pas encore tout à fait sûr. On ne sait pas si ce n’est pas plutôt des rechutes, que des nouvelles infections. Il semblerait, en l’état actuel des connaissances, que ce soit plutôt des rechutes que des ré-infections.

C’est-à-dire que l’on fait un premier épisode avec de la fièvre. On se rend compte qu’on a le virus et puis pendant quelques jours tous les symptômes disparaissent et au bout de une à deux semaines, les symptômes réapparaissent. On a vu quelques cas avec des personnes qui avaient de nouveau des symptômes, mais beaucoup moins fort qu’au début. Et quand on refait une PCR, on se rend compte qu’il y a toujours du virus. Alors est ce que le virus a persisté à l’état beaucoup plus faible pendant quelques semaines et puis, s’est remis à se multiplier? On ne sait pas. On ne sait pas si ce virus est un virus contaminant. Les travaux de recherche sont en cours.

C’est extrêmement important. Si c’est une infection, c’est-à-dire qu’on l’a attrapée une fois, qu’on n’a pas développé d’anticorps protecteurs et qu’on le ré-attrape parce qu’on n’est pas protégé, alors ça change complètement la donne. Parce que ça veut dire qu’on n’aura plus d’immunité collective autre que par celle qu’on peut acquérir avec un vaccin. Et donc, évidemment, ça repousse d’autant plus loin la perspective de vraiment contrôler l’épidémie dans la population.

Source : France Info

Maria Rodriguez
Maria Rodriguez
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