Une récession inévitable

Share on email
Share on facebook
Share on twitter
Share on linkedin
Notre-Dame : le chantier encore en sommeil

Une chronique signée Ritu Vohora – Investment Director M&G Equities team

Il y a encore à peine quelques semaines, les investisseurs espéraient que la reprise de la croissance mondiale serait retardée, mais pas qu’elle déraillerait à ce point. La pandémie perturbe aujourd’hui considérablement l’économie mondiale, tant du point de vue de la demande que de l’offre. Le ralentissement brutal de la consommation et le fléchissement des services, du fait des différents couvre-feux, des mises en quarantaine et de l’éloignement social généralisé, sont autant de signaux qu’une récession est désormais probable.

Partout dans le monde, les différentes banques centrales ont réagi à l’évolution de la pandémie mondiale et ont démontré qu’elles étaient prêts à prendre des mesures sans précédent pour atténuer le ralentissement de la croissance mondiale.

Les gouvernements tentent d’atténuer le coup porté à l’activité économique, à l’emploi et aux ménages par des mesures fiscales importantes. Il sera important de soutenir, en particulier, les petites entreprises et les travailleurs indépendants. Si les mesures sont efficaces, elles permettront de réduire les chances d’un probable cercle vicieux dans lequel les entreprises réduiront leurs effectifs, leurs investissements et leurs commandes de stocks.

Limiter les dégâts

Bien qu’une action politique agressive puisse atténuer la douleur, elle n’empêchera l’occurrence d’une récession mondiale. Il s’agit désormais de limiter les dégâts.

L’incertitude demeure et il est encore trop tôt pour évaluer l’ampleur et la durée de l’épidémie, ainsi que son impact économique global. Tant que nous ne saurons pas clairement quand la pandémie atteindra son point culminant et que nous n’aurons pas pu évaluer l’ampleur de la perturbation économique, la volatilité restera élevée sur les marchés financiers. Il sera important de surveiller la poursuite de la propagation du virus et, en particulier, les politiques de confinement mises en place par les gouvernements du monde entier.

Les marchés financiers sont entrés dans cette nouvelle phase avec des valorisations élevées, toutes les classes d’actifs confondues. Le marché des obligations était valorisé pour une période de récession et de fin de cycle, mais personne ne prévoyait que le COVID-19 en serait le déclencheur. La plupart des marchés valorisent désormais selon un scenario de récession mondiale.

Des opportunités d’investissement sélectives

Quel que soit le choc ou la baisse brutale sur les marchés, il est important de maintenir une perspective à long terme. En période de volatilité accrue, mieux vaut réagir de manière mesurée et de procéder à de petits ajustements lorsque les mouvements sur les prix ont été trop extrêmes, et décorrélés des fondamentaux sous-jacents.

Les valorisations sont rarement un catalyseur en soi, mais elles peuvent fournir aux investisseurs inquiets un critère de mesure des performances potentielles à long terme. La baisse des rendements obligataires couplée à la chute des actions ont rendu ces dernières encore plus attrayantes en relatif. La hausse des bénéfices qui était attendue sera vraisemblablement retardée par l’épidémie. Pour les investisseurs, il est logique d’attendre de voir à quel point la situation se généralise avant de prendre des décisions importantes, mais certaines opérations réalisées à l’aveugles ont fourni des opportunités sélectives. Il est essentiel de se concentrer sur les bénéfices.

Dans ce contexte de marché baissier, les investisseurs doivent reporter leur attention sur les entreprises capables de faire face aux bouleversements actuels, à savoir des entreprises de qualité avec des bilans solides, car les entreprises endettées souffriront davantage. Dans un monde où les rendements obligataires/les taux d’intérêt sont faibles, les actions à dividendes soutenues par des flux de trésorerie fiables méritent d’être prises en considération.

Une approche équilibrée avec une bonne diversification entre les classes d’actifs, sectorielle et géographique contribuera à préserver le portefeuille contre la volatilité.

Les secteurs particulièrement touchés

Comme dans tous bouleversements de marché, il y a des gagnants et des perdants. Il existe deux types de turbulences économiques : la demande et l’offre. Le secteur manufacturier sera touché par des perturbations durables de la chaîne d’approvisionnement, mais ce sont les services qui souffriront le plus. Du fait de la distanciation sociale et de la réduction des dépenses en matière de voyages et de loisirs, les compagnies aériennes, les hôtels, les restaurants et les cinémas seront d’autant plus touchés.

La rupture des chaînes de valeur mondiales dues aux interdictions de voyager, aux mesures de quarantaine, aux fermetures d’usines, à l’impossibilité pour les travailleurs de retourner au travail et donc à la diminution de la capacité à produire des biens pourraient exercer une pression à la hausse sur les prix. Contrairement à ce qui se passe dans le secteur des services, les bouleversements sur la production sont plus temporaires : une fois éliminés les goulets d’étranglement du côté de l’offre, l’activité pourra reprendre (nous constatons déjà une reprise en Chine).

Bien que les marchés aient réagi très rapidement pour éviter une baisse globale des bénéfices, ceux-ci ne se rétabliront vraisemblablement pas tant que nous n’aurons pas constaté une amélioration des données macroéconomiques. Traditionnellement il s’agit de la croissance des indices PMI. Dans le cas présent la stabilisation des données sur les coronavirus pourrait être le catalyseur.

Le schéma de fin de cycle qui a bien fonctionné au cours des deux dernières années – défensif/qualité – prendra fin à un moment donné. L’histoire a montré que les rotations de style se produisent souvent pendant les récessions. Aujourd’hui, nous disposons d’un catalyseur sous la forme d’une récession ainsi que de mesures monétaires et fiscales de soutien. Les actions de bonne qualité vont surperformer au cours des prochains mois, car les investisseurs recherchent la sécurité, mais nous pourrions assister à un mouvement rapide vers les valeurs cycliques lorsque les marchés commenceront à se redresser.

Source de cet article : Lalibre.be

Maria Rodriguez
Maria Rodriguez
Inscrivez-vous à notre newsletter

Sign In QUÉBEC 89

Account details will be confirmed via email.

Reset Your Password