Confinement: les violences intra-familiales en hausse

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Confinement: les violences intra-familiales en hausse

Les associations de protection de femmes et des enfants redoutaient une hausse des violences intra-familliales avec la mise en place du confinement. Ces craintes se révèlent malheureusement fondées. Ces violences ont explosé dans les pays ayant pris de telles mesures.

Des données alarmantes nous viennent des quatre coins du monde. Les signalements de violences faites aux femmes ont bondi de 60% au Mexique, de 40% au Brésil, 25% au Royaume-Uni. En Chine, ils auraient triplé.

En France, le gouvernement signale une hausse de 30% depuis plus d’un mois. C’est ce qu’observe aussi Françoise Brié, présidente de Solidarité femmes, qui gère la plateforme téléphonique d’écoute et de conseil du 3919. «On a noté que des femmes qui vivent 24 heures sur 24 avec leur agresseur se rendent compte qu’elles étaient victimes de violences auparavant et que ce confinement les a aggravées. Les femmes se sentent souvent piégées. On a aussi beaucoup de situations de femmes qui ont besoin de prendre des conseils par rapport aux violences qu’elles subissent. Elles commencent à réfléchir à une séparation et à entamer des démarches», analyse-t-elle.

Des tabous derrière certains silences

Les données sur les violences faites aux femmes ne remontent pas pour autant de toutes les régions du monde. Le silence est encore très persistant dans certaines. Sur le continent africain par exemple. Et pour cause: dans la plupart des pays, le sujet est encore tabou. Tout ce qui se passe à la maison reste à la maison.

Pourtant, des associations sentent bien que les couvre-feux imposés ont un impact sur ces violences. Danielle Huèges est la directrice exécutive de l’association Unies Vers’elles Sénégal qui accueille femmes et enfants victimes de violence. Elle dresse un constat:«Nous sommes très étonnées, parce que nous n’avons pratiquement plus aucun signalement, alors que généralement, notre dispositif sur la proche banlieue de Dakar – Pikine-Guédiawaye – représente entre 100 et 150 signalements par mois. C’est lorsque l’on va sortir de ce confinement que l’on va s’apercevoir de tous les problèmes qui sont nés pendant cette période», dit-elle. C’est comme si l’urgence du quotidien avait relégué au second plan l’urgence de fuir les violences du foyer.

«Les huis clos familiaux qui se passent mal sont même sûrement non signalés»

Les institutions françaises l’observent aussi ce silence, à propos notamment de la situation des enfants. Aucune remontée de ce côté-là. Les services départementaux de l’Aide sociale à l’enfance s’attendaient à être davantage sollicités, pour des mises à l’abri. C’est tout le contraire.

«Les enfants sont moins seuls et peuvent moins appeler puisqu’ils sont confinés dans leurs familles, explique Emmanuelle Ajon, présidente de l’Aide sociale à l’enfance en Gironde, dans le Sud-Ouest. Nous avons surtout l’Éducation nationale, qui est notre premier lien d’interpellation, qui n’est plus là pour le faire. Cela nous inquiète parce que cela veut dire que les huis clos familiaux qui se passent mal sont même sûrement non signalés.» Puis d’ajouter: «À ce titre, la Gironde est en train de réfléchir à voir comment elle pourra avoir plus de moyens humains sur le terrain pour faire des enquêtes au moment du déconfinement.»

Informations pratiques

• Que faire si l’on est victime de ces violences?

La réponse ne sera pas la même que l’on soit au Sénégal ou en France. L’association Unies Vers’elle Sénégal peut compter sur 1200 volontaires, pour signaler par un simple SMSles situations de violence qu’ils constatent dans leur quartier.

En France, il faut bien avoir en tête que les systèmes de protection continuent de fonctionner normalement et que les victimes n’ont pas à attendre le déconfinement pour se protéger. «Les femmes peuvent s’en aller, fuir, rappelle Françoise Brié.Il n’est absolument pas impossible pour les femmes de s’éloigner, même en faisant plusieurs heures de voiture pour se réfugier chez des proches, en respectant les consignes de sécurité, si elles se sentent en danger et veulent partir.»

• Que faire maintenant si l’on est témoins de violences?

Ne pas hésiterà appeler les services d’urgence, la police, ou en France, le 119 ou le 3919. Pour Emmanuelle Ajon de l’Aide sociale à l’enfance de Gironde, les témoins doivent faire confiance aux professionnels. «On va voir ce qu’il se passe. On ne va pas immédiatement enlever l’enfant, mais veiller qu’il y ait bien une discussion avec les parents. On peut leur apporter des aides, même à domicile, dans cette période complexe. Quoi qu’il en soit, déposer un doute est salvateur», insiste-t-elle.

Si vous hésitez à exprimer ce doute, un conseil d’une assistante sociale: repérezla récurrence des faits – les violences intra-familliales sont malheureusement souvent répétées -, et partagezvos inquiétudes avec d’autres voisins. Cela peut vous conforter dans l’idée qu’il y a un danger.

Source du post : RFI

Roberta Flores
Roberta Flores
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