Pedro Almodóvar : “Warren Beatty, Madonna et moi”

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Hier soir, alors qu’on annonçait le renforcement de la quarantaine en place, j’ai commencé à ressentir les premiers symptômes de claustrophobie. Ils sont apparus tardivement, pourtant je suis claustrophobe et agoraphobe depuis longtemps. Je sais que ce sont deux maladies opposées mais mon corps est ainsi, paradoxal. C’est l’une de ses caractéristiques, ça l’a toujours été.

Hier soir, je savais déjà qu’aujourd’hui, j’essaierais de sortir. Je me sentais comme celui qui s’apprête à commettre un délit et prémédite son geste. Celui qui va s’adonner à un plaisir interdit et ne peut rien faire pour l’empêcher. Ce que j’écris ressemble à un roman de gare et ça l’est, la faute au confinement.

J’avais un plan minimal : je sortirais pour acheter à manger, un vrai achat et une vraie nécessité car, aujourd’hui, je suis seul. C’est ainsi que ce matin, je me suis préparé pour sortir, et j’ai eu l’impression d’accomplir une chose exceptionnelle : m’habiller ! Voilà dix-sept jours que je ne l’avais pas fait, et je l’ai vécu aujourd’hui comme une chose intime et très spéciale. J’ai alors repensé à d’autres occasions où j’ai dû m’apprêter, autant de moments très importants pour moi et qui, je m’en rends compte à présent, sont restés gravés dans ma mémoire. Je me suis rappelé, par exemple, quand en 1980, rue Lope de Rueda, je m’étais changé pour me rendre à l’avant-première de Pepi, Luci, Bom et les autres filles du quartier au cinéma Peñalver de la rue Conde de Peñalver. Ce n’était qu’une salle de reprises, mais pour moi c’était comme si mon film passait au Kodak Theatre de Los Angeles. C’était la première fois que je voyais un de mes films en présence d’un public, la première fois que, dans un vrai cinéma du circuit commercial, dans une salle bondée avec des vrais fauteuils, les spectateurs découvraient des images créées par moi et mes amis pendant l’année et demie qu’avait duré le tournage. Et ceux qui ne quittaient pas la salle riaient énormément. Je me rappelle avoir porté ce jour-là un blouson de satin rouge, acheté à Londres au marché de Portobello.

Pepi, Luci, Bom et les autres filles du quartier, de Pedro Almodóvar.

© Figaro Films

On ne prévoit pas toujours la tenue qu’il faut porter, ou, du moins, on ne s’en rappelle pas. Moi, je me souviens quand, deux ans après l’avant-première de Pepi, encore en pleine Movida, j’ai enfilé avec soin un costume gris à col Mao pour me rendre dans un bar du quartier de Malasaña, tenu par un garçon que j’avais repéré. Les cols Mao, ce n’est pas trop mon truc, je préfère les cols Perkins qui camouflent le double menton. Je me souviens de ce costume à col Mao car ce garçon s’est installé dans ma vie durant deux ou trois ans. Et l’a marquée.

Carmen Maura, dans Femmes au bord de la crise de nerfs.
Carmen Maura, dans Femmes au bord de la crise de nerfs.

© El Deseo – Laurenfilm

Je me rappelle aussi le smoking bleu en soie Shantung du styliste Antonio Alvarado et les bottes cloutées, comme celles que fait aujourd’hui Christian Louboutin, que je portais pour ma première cérémonie des Oscars, en 1989. Femmes au bord de la crise de nerfs n’a pas gagné, ma brouille avec Carmen Maura a explosé aux yeux du monde entier, et pourtant cette visite à Los Angeles fut remplie d’événements merveilleux. Quatre ou cinq jours avant la cérémonie, nous avions dîné dans la maison de Jane Fonda, qui était obsédée par l’idée de faire le remake de Femmes au bord de la crise de nerfs. Il y avait très peu d’invités, Angelica Huston et son compagnon de l’époque Jack Nicholson, qui raconta à Bibiana Fernández l’avoir vue l’après-midi même à un match des Lakers. Cher était maquillée sans en avoir l’air et très jolie, plus jolie et petite que je l’imaginais. Et Morgan Fairchild. Oui, Morgan Fairchild ! J’imaginais que l’invitée suivante serait quelqu’un comme Susan Sontag, et ça m’a beaucoup surpris, en bien, car je pensais que Morgan Fairchild jouait dans une division moins importante que les autres (même si les séries télévisées Flamingo Road et Falcon Crest avaient été de très gros morceaux). Jane Fonda a dû remarquer ma surprise, car elle m’a raconté ensuite qu’elle avait l’habitude d’aller manifester avec Morgan Fairchild, qui était au moins aussi féministe qu’elle, sinon plus.

Nous avons passé la soirée à halluciner avec ces puissantes invitées et avec Jack. Nous avons pris un tas de photos ensemble, au milieu des tableaux accrochés au mur, dont l’auteur était le père de Jane, Henry Fonda.

Le lendemain de la cérémonie, dans la matinée, une voix féminine m’a appelé à l’hôtel. Elle me dit, comme si elle n’était pas consciente de son impact, mais sûre du coup que j’allais prendre : « Bonjour c’est Madonna, je suis en train de tourner Dick Tracy et j’aimerais te montrer le plateau, aujourd’hui je ne tourne pas et je peux te consacrer ma journée. »

Il pouvait s’agir d’une fausse Madonna, ou d’une psychopathe qui pensait me découper en morceaux dans l’un de ces terrains vagues que décrit si bien James Ellroy (si vous avez lu Le Dahlia noir, vous savez à quoi je fais référence, sa mère fut retrouvée démembrée dans un endroit pareil). Vous pouvez aussi voir le film qu’a réalisé mon bien aimé Brian De Palma d’après ce livre, avec Scarlett Johansson et Hilary Swank, mais la vérité est que le résultat n’est pas très bon. Pour la quarantaine, ça passe encore, mais il y a beaucoup d’autres œuvres du même De Palma que je recommanderais d’abord : Sœurs de sang, Phantom of the Paradise, L’Impasse, Body Double – avec une Melanie Griffith au sommet de sa gloire et maigre comme un clou – et surtout Scarface, avec Al Pacino. Laissez tomber Le Dahlia noir et regardez tous ces autres films, vous ne le regretterez pas. Ces sont des joyaux cinématographiques, super accessibles et super divertissants, je vous ferai une liste de recommandations. Pour en revenir au coup de fil de Madonna, il pouvait s’agir de quelqu’un qui me faisait une blague, mais mon amour-propre, malgré ce non-Oscar, était suffisamment élevé pour que je fusse sûr de l’authenticité de cet appel. La voix de Madonna m’avait donné l’adresse du studio où ils tournaient et je m’y suis présenté, gai comme un pinson.

Al Pacino dans Scarface, de Brian De Palma.
Al Pacino dans Scarface, de Brian De Palma.

© Universal

La vérité est que personne dans l’équipe, de Warren Beatty lui-même jusqu’à Vittorio Storaro, n’aurait pu être plus aimable avec moi. Ils m’ont traité comme si j’étais George Cukor. Beatty a insisté pour me faire asseoir dans le fauteuil qui portait son nom, la place réservée du réalisateur, pour assister au tournage de la séquence en cours. J’étais sur le point de lui avouer que, gamin, j’avais découvert ma sexualité en le voyant dans le film d’Elia Kazan, La Fièvre dans le sang (le maçon dans Douleur et Gloire n’existe pas), mais je m’en suis abstenu, cela va sans dire. Ils étaient en train de tourner une scène où Al Pacino, méconnaissable, n’arrêtait pas de bavasser. Son interprétation lui valut une nomination aux Oscars, l’année suivante, et le film remporta trois statuettes.

Warren Beatty et Natalie Wood dans La Fièvre dans le sang, de Elia Kazan.
Warren Beatty et Natalie Wood dans La Fièvre dans le sang, de Elia Kazan.

© Warner Bros

Avec Madonna, j’ai visité tous les décors et j’ai rencontré quelqu’un que j’admirais beaucoup, Milena Canonero, la costumière qui avait déjà gagné trois Oscars (et serait nommée l’année suivante pour Dick Tracy) pour Les Chariots de feu, Barry Lyndon et Cotton Club. Trois films recommandés pour faire face à la quarantaine. Celui que je préfère est Barry Lyndon de Kubrick. Milena Canonero allait gagner un quatrième oscar, mais je ne me souviens plus maintenant pour quel film. Visiter l’atelier où elle travaillait est probablement ce qui m’a le plus impressionné, et cela aurait été la seule raison pour laquelle j’aurais aimé travailler à Hollywood : l’obsession des détails.

Barry Lyndon, de Stanley Kubrick.
Barry Lyndon, de Stanley Kubrick.

© Polaris – Hawk Films – Peregrine

L’une des caractéristiques de Dick Tracy, le personnage de la bande dessinée, c’est son chapeau jaune. Obtenir cette nuance de jaune, fidèle au dessin, était devenu l’obsession de Milena. Elle me montra environ deux cents chapeaux, dont la seule différence résidait dans un subtil changement de couleur. Je me suis totalement reconnu dans cette obsession du détail. Dans une moindre mesure, je fais la même chose quand je tourne, je ne sais pas travailler autrement (mais je sais travailler avec beaucoup moins d’argent).

Si Madonna t’appelle et se ramène le jour qui suit celui où tu n’as pas gagné un Oscar, cela veut dire que la material girl a un énorme intérêt pour toi. Nous n’avons pas tardé à nous revoir, l’année suivante à l’occasion de son Blond Ambition Tour.

Je suis sorti avec elle pendant son séjour à Madrid, je lui ai organisé une grande fête flamenco avec La Polaca et son mari El Polaco, à l’hôtel Palace. Loles León, Rossy de Palma et Bibiana Fernández sont venues, mais Madonna m’avait bien fait comprendre qu’en dehors de moi, le seul invité dont elle avait envie de faire la connaissance était Antonio Banderas. Je lui ai donc promis qu’il serait là, en me gardant bien de préciser que je ne pouvais pas le faire venir sans son épouse d’alors, Ana Leza, fan fatale de la chanteuse.

Madonna a décidé où nous devions prendre place (il y avait plusieurs tables rondes pour mes amis et les danseurs). Naturellement, elle s’installa à la table principale, avec moi à sa droite et Antonio à sa gauche. Et elle fit asseoir Ana Leza à l’autre bout du grand salon.

Antonio Banderas et Victoria Abril, dans Attache-moi !, de Pedro Almodóvar.
Antonio Banderas et Victoria Abril, dans Attache-moi !, de Pedro Almodóvar.

© El Deseo

En dehors de nous deux et, dans une moindre mesure, de La Polaca, qui était divine, Madonna ne prêta attention à personne. Un membre de son équipe avait une caméra avec laquelle il couvrait tout, « pour garder un souvenir », me dit Madonna. J’avais été surpris de voir, à côté de la caméra, un autre garçon qui tenait un clap de cinéma, un clap électronique que je voyais pour la première fois. J’avais été surpris mais, en bon amphitryon, je n’avais pas demandé de quoi il s’agissait. Qui plus est, il me fallait traduire à Madonna des questions qui l’intéressaient beaucoup concernant Antonio. À cette époque, la carrière d’Antonio était sur le point de décoller comme une fusée, Attache-moi ! était sorti aux États-Unis et avait enchanté la critique hollywoodienne (et Madonna) mais, en cette soirée de 1990, il ne parlait toujours pas le moindre mot d’anglais. Je raconte cela car, un an plus tard, je vois que sort le film In Bed with Madonna, et découvre qu’une partie importante a été filmée lors de cette fête au Palace, la manière dont Madonna prend d’assaut Antonio est l’une des trames principales, et, naturellement, on voit comment le sort d’Ana Leza fut réglé en une seule phrase. À la fin du repas, Ana avait osé s’approcher de notre table et lâché, non sans ironie, à la blonde souveraine : « Je vois que mon mari te plaît, ça ne m’étonne pas, il plaît à toutes les femmes, mais je m’en moque car je suis très moderne. » Ce à quoi Madonna avait répondu : « Get lost » (Si tu es si moderne, va voir ailleurs).

In Bed With Madonna, d’Alek Keshishian.
In Bed With Madonna, d’Alek Keshishian.

© Miramax Films/Propaganda Films

Tout cela peut, à juste titre, sembler frivole, plus proche d’une chronique de Patty Diphusa que d’une chronique de l’isolement dans lequel nous vivons. Mais la mémoire est si absurde lorsqu’il s’agit de faire le tri dans ses souvenirs. Peu m’importe que cela ressemble à un règlement de comptes, mais si le contraire s’était produit (moi, filmant Madonna et sa bande et faisant, à partir de ces images, un film distribué dans le monde entier) on m’aurait probablement envoyé un coup (sous forme de procès) dont je ne serais toujours pas remis. Madonna nous a tout de même pris pour des idiots, il fallait bien le dire un jour, elle n’a même pas daigné nous demander l’autorisation pour utiliser notre image, et en plus elle m’a doublé dans le film, puisque mon anglais ne devait pas être si bon.

Ce que je voulais dire, c’est qu’à un moment du repas, Madonna me dit : « Demande à Antonio s’il aime frapper les femmes » (je jure que ça s’est passé ainsi). Je traduis. Antonio ne dit rien, balbutie, et prend le visage de « Je suis un gentleman espagnol et je fais tout ce que me demande une dame ». Pour moi, c’était un silence et un geste éloquents, mais Madonna en voulait plus. « Demande-lui, reprend-t-elle, s’il aime que les femmes le frappent. » Je traduis pour lui, « to hit » et « women » étaient deux mots que je connaissais déjà en 1990. Antonio reprend la même expression, qui ne voulait dire ni oui ni non, seulement qu’un gentleman espagnol est au service des désirs de ces dames.

Je raconte cela d’abord parce que c’est la réalité, et parce que cela fut le moment le plus amusant de la soirée, mais Madonna n’a pas jugé bon de le montrer. Il a fallu que surgisse cette pandémie pour que le monde sache ce qui s’est vraiment passé à cette table ce soir-là.

Le 11 janvier dernier, j’ai eu un double rendez-vous à Los Angeles. Je devais assister à deux cérémonies quasiment en même temps, où Douleur et Gloire allait recevoir le prix du Meilleur film étranger. J’ai enfilé un costume noir de chez Givenchy sur un pull à col Perkins de la même couleur.

La première cérémonie était organisée par la puissante organisation non gouvernementale AARP (American Association of Retired Persons) qui fait du lobbying en faveur des droits des personnes de plus de cinquante ans. En Espagne, nous n’avons pas cette culture, ces groupes de pression qui militent pour obtenir du gouvernement des mesures ciblées envers une catégorie spécifique de la population.

Douleur et Gloire, de Pedro Almodóvar.
Douleur et Gloire, de Pedro Almodóvar.

© Manolo Pavon – El Deseo

L’AARP remet ses propres et prestigieuses récompenses et la cérémonie est si importante qu’elle est retransmise à la télévision. Les prix s’appellent Grownups Movies Awards. Je ne sais pas comment traduire cela, quelque chose comme des « Prix pour films de grandes personnes ». Ils mettent en tout cas en lumière le meilleur d’un cinéma qui ne s’est montré, dans l’année, ni infantile, ni « infantiloïde ». Annette Bening a ainsi reçu un prix pour l’ensemble de sa carrière, The Irishman a été désigné meilleur film, Martin Scorsese meilleur réalisateur, Renée Zellweger a été primée pour son rôle dans Judy et Adam Sandler récompensé pour Uncut Gems. J’étais installé à la même table que lui. Cet homme est si distingué qu’à aucun moment il n’a laissé transparaître sa vexation qu’Antonio Banderas ait été nommé pour l’Oscar du meilleur acteur, car on s’attendait à voir cette nomination lui revenir à lui, merveilleux dans Uncut Gems, ou à Robert De Niro, mais l’Académie de Hollywood a préféré Antonio.

Adam Sandler, dans Uncut Gems, de Benny Safdie et Josh Safdie.
Adam Sandler, dans Uncut Gems, de Benny Safdie et Josh Safdie.

© Netflix/A24/Elara Pictures/IAC Films/Scott Rudin Productions/Sikelia Productions

Ce soir-là, Noah Baumbach fut également primé pour l’exceptionnel scénario de Marriage Story (je suis devenu un proche de Noah et de son épouse Greta Gerwig, on s’est promis de se voir chaque fois que j’irai à New York). Et Douleur et Gloire a reçu le prix du meilleur film étranger.

Avant que les prix ne soient remis, Annette Bening, radieuse, s’est approchée de ma table pour me saluer, rejointe par son mari Warren Beatty, tout aussi rayonnant avec ses 83 ans. Nous nous sommes mutuellement félicités, puis Annette m’a révélé qu’elle avait sollicité les droits du Manuel à l’usage des femmes de ménage de Lucia Berlin, et avait appris à cette occasion que je les détenais déjà. Nous avons parlé du livre – que je recommande aussi vivement pendant cette période de quarantaine, le temps s’arrête quand on lit les nouvelles de Lucia Berlin – et je lui ai dit qu’elle serait un choix idéal pour jouer ce personnage de femme dans la partie où elle est plus âgée. Je pouvais me le permettre, puisque nous tous, lauréats de l’AARP, avons dépassé la cinquantaine ! Je fus récompensé en premier, car les organisateurs savaient que j’étais ensuite attendu à un autre pince-fesses, la remise des prix de la Los Angeles Film Critics Association, qui, bien que moins formels, avaient déjà bien profité du cocktail de bienvenue.

Dans mon discours de remerciement j’ai mentionné Warren, sans évoquer l’éveil miraculeux de ma sexualité mais en me réjouissant qu’il figure enfin dans un de mes films (rappelez-vous, les images de Natalie Wood et Beatty dans le monologue de Asier Etxeandia).

Puis, dans le même costume et animé du même désir de plaire et d’être aimé, j’ai débarqué à l’Hôtel Intercontinental, où les critiques célébraient la remise de leurs prestigieux prix et donnaient une leçon sur ce qui aurait dû se passer cette année. Meilleur film pour Parasite, meilleur acteur pour Antonio Banderas, et meilleur film étranger pour Douleur et Gloire.

Parasite, de Bong Joon-Ho.
Parasite, de Bong Joon-Ho.

© Barunson E&A/CJ Entertainment/Frontier Works Comic

Tout ça pour dire que je suis sorti de chez moi après dix-sept jours de confinement absolu. Je ne voulais pas rater la sensation d’une telle expérience, et j’avais une vraie raison de m’y prêter car je devais faire des courses à l’épicerie. La sensation était étrange, mais donnait une paix profonde, un silence et un vide très plaisants. Je ne pensais plus, alors, aux morts et aux personnes infectées, je me trouvais plutôt face à une image inédite de Madrid et dans une situation tout aussi insolite que je ne sais toujours pas décrire. Je préfère ne pas penser aux victimes (ce n’est pas tout à fait exact, j’essaye d’aider selon mes possibilités). Nous connaissons tous les chiffres épouvantables, et j’écris justement pour essayer d’oublier tout ça, dans une sorte de fuite en avant. Si je m’en tenais à la réalité, je crois que je serais foudroyé. Et je ne veux pas.

Traduction: Sophie Rahal

Source officielle de cet article : telerama

Marino Stozza
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